Société Nautique des Calanquais de la Vieille Chapelle

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SNCVC Pointe Rouge Marseille


Retour sur le week-end de la 48e édition SNIM 2013

Publié par S.N.C.V.C sur 4 Avril 2013, 12:32pm

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L’édition 2013 de la SNIM s’est parfaitement déroulé à Marseille, avec son lot de spectacles et de surprises (météo). Après un long week end de courses, intense et passionnant, revivez les temps forts de cette 48e édition.

 

« Cette 48e édition a été fidèle à l’esprit SNIM, qui règne, à Marseille, chaque week-end de Pâques, depuis près d’un demi-siècle. Sportivement, même si c’est une déception pour la plupart, de ne pas avoir disputé la course de nuit, les équipages ont disputé huit manches, et se sont régalés à naviguer dans des conditions différentes chaque jour ! L’ambiance a été fabuleuse sur les pontons et au cœur du village. D’ailleurs, les Grand Surprise et les J80 ont été conquis, et ont promis de revenir plus nombreux en 2014. Mais le grand show de la SNIM ne pourrait exister sans le soutien et la fidélité nos partenaires privés et institutionnels qui ont compris que la voile est un vecteur d’image positive pour notre cité et un facteur de développement économique pour les entreprises de proximité. La SNIM, c’est plus de 650.000 euros de retombées sur Marseille, durant quatre jours… » - Bernard Amiel, président de la Société Nautique de Marseille

 

 

Samedi 30 Mars, des bananes et du muscle

 

La Course 

 Entre une belle dépression passée sur l’est et une autre qui, du Golfe du Lion a choisi de se diriger vers la Corse, la SNIM ne déprime pas, bien au contraire. Il faut dire qu’après le petit temps apéritif, le force 5 du jour a réveillé le marin qui aurait eu tendance à sommeiller. Sous un ciel marbré de nuages en cavale, les bateaux ont sorti leur ventre pour montrer leur appétit… Comme tout le monde, les monotypies en ont pris plein les gencives. Et il n’est pas surprenant de les avoir vu les premiers rentrés au port, décision prise par le Comité de Course devant les risques grandissants de casse. « Dommage, rétorque d’une seule voix l’équipage du bateau local, rebaptisé très sobrement « La Nautique » (2ème au général). C’est dommage d’être déjà au port dès 15 heures. Ca bougeait, ça mouillait, c’était vraiment le pied ». S’il y a un concurrent que cela n’a pas gêné, c’est l’Atria de Christophe Lenoir et de la Marine Nationale de Toulon, premier de chacune des trois régates du jour, après sa victoire hier.

Autre monotypie et autre sans faute, les SB20 sont dominés par le Britannique John Pollard qui n’est autre que le président de la classe. Grand sourire, évidemment, « les conditions météo étaient particulièrement intéressantes, on a bien travaillé dans la houle et on s’est fait vraiment plaisir. On aurait bien fait une quatrième manche, mais c’est quand même une belle journée ! On est ici pour préparer les Mondiaux de Hyères qui se disputent en septembre prochain et naviguer sur la SNIM permet une bonne approche des conditions météo toujours compliquées en Méditerranée. » Moins chanceux, l’équipage de Thierry Moreaux a mouillé le maillot, comme on dit. « On se sent vivant », plaisantait-il après cette journée forte en émotion, pour un équipage qui découvrait le bateau, et qui a « perdu un équipier dans la tempête ». Pas d’angoisse, juste un bon bain ! Enfin, en Grand Surprise, Les bien nommés « Fous du vent » des voisins de Châteauneuf-les-Martigues ont mené le bal. Dans le rond rouge des IRC 4, quatre départs ont pu être lancés. Le grand bénéficiaire du jour, avec quatre podiums (respectivement 2, 1, 3, 3) est le « Zulu » de François Alicot (JPK 1010), évidemment leader au général au soir de la seconde journée.

En rade nord, enfin, sur une mer sans doute moins creusée qu’au sud, mais avec un bon 20 nœuds établi dans la matinée, le show était chaud. Surtout chez les IRC 3 dont les départs sont de vrais combats de masse. Au final, forcément, un peu de casse comme pour le «  SL Energies Renouvelables » (Pasaros 40-IRC1) de Laurent Charmy : « On a cassé la bastaque qui tient le mât et on a été obligés de rentrer pour réparer. On est sur un cheval fougueux que l’on doit apprendre à maîtriser. C’est un bateau de lac qui possède beaucoup de potentiel et que nous devons régler pour la mer. » Très bas et près de l’eau, le bateau dispute sa première saison IRC UNCL. Aux classements, Speedy (IRC1), Glen Ellen V (IRC2) et Prime Time (IRC3) confirment leur leadership. Sans réelle surprise…

 

Sur les pontons – Les tribunes étaient bondées !

Deux-cent personnes ont pu suivre les régates de cette deuxième journée, au cœur de la course. Venus de Saint-Cannat, Josiane Lion et son mari ont profité d’un spectacle auquel ils n’avaient jamais pris part. “C’est original et très intéressant“, commente-t-elle. « Ça nous a permis de comprendre pas mal de choses, et surtout, cette impression fabuleuse de nous  retrouver en plein milieu de la bagarre…“ L’opération Régate en Vue, menée en partenariat avec l’Office de la mer, a affiché complet. Comme chaque année. Malgré quelques petits ennuis de cœur chez certains, dus aux 25 nœuds de vent et la petite houle présente, le public a été conquis. “Les gens sont ressortis enchantés, explique Bernard Amiel, le Président de la Société Nautique, qui prend la navette, à l’occasion de chaque SNIM, pour se rendre compte de l’intérêt des marseillais pour la voile. “Ils étaient curieux et admiratif du spectacle offert sur l’eau… Avec cette opération, nous remplissons ainsi l’un des volets de notre mission de service public. »

 

 

Dimanche 31 Mars, le fond de l’air effraye

 

La Course 

Journée d’attente finalement vaine, hier dimanche, puisqu’aucun départ n’a pu être lancé. Pas même celui de la course de nuit tant attendue par les plus costauds. La faute à trop d’air, de ce Mistral qui décorne les bœufs et qui en, l’absence de bovidés, s’est contenté hier de priver les régatiers de la SNIM d’accéder à leur terrain de jeu. En toute frustration, évidemment, mais avec ce soupçon de soulagement qui permet à la fois de sauver le matériel et les apparences. Le briefing du matin, pourtant, laissait entrevoir une issue favorable à ce qui allait être l’attente d’une journée. On apprenait que, sous l’influence d’une dépression au dessus de l’Italie se dirigeant vers le sud de la botte transalpine, étaient prévues des conditions d’air mollissantes. Mais le coup de mou s’est fait attendre et le 20 nœuds s’est transformés en 35 nœuds, avant de s’installer entre Pointe Rouge et Côte Bleue.

« Celui qui rêve se mélange à l’air », écrivait le poète libanais Georges Shehadé. Il ne parlait sûrement pas de voile mais ses quelques mots résument à merveille l’ambiance des pontons ce dimanche de Pâques. Après un premier report annoncé à 13 heures, puis un second à 15 heures, la sentence est tombé à l’heure du goûter. Et le décalage d’une heure, vécu dans la nuit de samedi à dimanche, est devenu celui d’une journée entière à cause de ce diable d’Eole, décidément drôlement en pétard. Sur les pontons, l’amertume de l’annulation rejoignait celle de la bière. « Des regrets, c’est sûr, soupirait Mikaël Mergui (skipper de « Team Vision Future », GP 42, IRC-1). Il y avait potentiellement beaucoup de vent au portant (par rapport à la prévision d’un parcours côtier) et ces conditions nous étaient plus favorables qu’à notre principal adversaire « Speedy ». Après, c’est une chose de critiquer la décision du comité de course et une autre de l’assumer. On va noyer notre chagrin dans la bière tout en préparant celle de demain. » Pour le dernier jour, donc, un départ plus tôt est prévu avec une mise à disposition sur l’eau à 10 heures. Objectif : enchaîner le plus de parcours possible jusqu’à plus soif. La bière attendra la remise des récompenses du soir, prévue à 19 heures au Pavillon M.

 

Sur les pontons - Jean Sans et le secret de la jauge IRC

Ce n’est pas la première fois qu’il vient à la SNIM. Il y a déjà participé sur Melges (huit fois), mais il ne cache pas ses plaisirs. Celui de naviguer, tout simplement, mais aussi d’être là, à Marseille. Le cadre, la convivialité, l’intimité. Pour un Lorientais, l’aveu prend une saveur toute particulière. Mais Jean Sans, aussi amoureux de la voile qu’il est, est aussi un inventeur : celui de la jauge IRC (International Rule Club). Rien que ça. L’occasion évidente de tenter de percer le secret. Autant vous le dire tout de suite, on n’en saura pas plus mais on apprendra pourquoi. « L’UNCL et le RORC m’avaient demandé en 1983 d’inventer une nouvelle jauge pour les Cruiser Racer. La jauge IOR était phagocytée par les prototypes. Avec un collègue britannique, on a donc défini une nouvelle règle, le CHS (Channel Handicap System) qui, après avoir voyagé autour du monde, est devenue l’IRC. » Voilà pour la petite histoire.

Aujourd’hui, le secret de la jauge demeure.  Ce n’est pas une légende. Un mystère entretenu qui a une raison simple : « afin que les architectes navals ne la tuent pas. Mais bien sûr, rajoute Jean Sans, la règle s’appuie sur des paramètres d’architecture navale que tout le monde connaît. Seule l’équation mathématique doit rester secrète afin d’assurer la pérennité des quelques 8000 bateaux qui, dans le monde, y sont rattachés. » Un exemple : l’autorisation des spis asymétriques, de plus en plus répandus.. « En fait, le secret de cette jauge est qu’il n’y a pas d’interdiction. Il y a juste un prix à payer qu’on estime juste pour tout gain de vitesse. » Sur « Eleuthera », le Grand Soleil 44, Jean Sans navigue sans arrière pensée. Les formules mathématiques n’ont rien à faire sur l’eau…

 

 

Lundi 1er Avril, Speedy s’offre une SNIM

 

La Course 

Comme à son  habitude, le dernier jour de la SNIM a offert une dernière configuration météo inédite sur le week-end. Au menu, donc, un vent d’est frisquet, laissant longtemps planer la menace de quelque averse et forcissant gentiment jusqu’à 15-16 nœuds en rade sud (avec rafales à 26) et 14-15 en rade nord (rafales à 24) en milieu d’après-midi. Idéal pour faire le plein de sensations avant le retour à la maison. Et, bien évidemment, pour jouer la gagne ou grignoter quelques places lors du dernier sprint. Jusqu’à un retour au port mouillé.

Chez les grands IRC, il a fallu attendre la décision du jury pour connaître le vainqueur. Entre le Speedy de Hans Riegel, leader à l’aube de cette ultime journée, et le GP42 « Team Vision Future » de Jean-Jacques Chaubard, le tenant du titre, la victoire s’est joué à peu de choses. Au final, le bien-nommé Speedy aura fait parlé sa pointe de vitesse pour emporter la mise, grâce notamment au dernier parcours côtier. « Ce fut une vraie belle bagarre, se réjouissait Hans Riegel. J’ai beaucoup apprécié cette course avec des conditions météo changeantes. Il faut dire qu’il y avait plusieurs Marseillais sur le bateau, ils étaient dans leur salon. » Forcément un peu déçu, Clément Giraud, numéro 1 sur « Team Vision Future » livrait son analyse. « Dans la première manche de la journée, tous les bateaux ont eu leur mot à dire et on arrive en paquet. Mais le bilan reste positif. On ne va pas ré-inventer les qualités du bateau, performant au portant mais plus en difficulté au près. Le GP 42 procure beaucoup de plaisir car il est vraiment exigeant. »

En IRC 2, le suspens aura été moins présent puisque le « Glen Ellen V » de Dominique Tian est resté invaincu jusqu’au bout. Un Grand Chelem que la barreuse Coraline Jonet apprécie à sa juste valeur. « Cela n’a pas été une formalité car beaucoup de choses pouvaient se passer jusqu’au dernier moment. On a fait un bon boulot d’équipe avec, au passage, un remarquable travail de Yannick Peduzzi à la tactique. Après la Massilia, on gagne la SNIM : c’est évidemment du plaisir mais il faut rester humble par rapport au nombre de concurrents (8 inscrits en IRC 2). »

En IRC 3, « Prime Time » n’a pas fait dans la dentelle non plus, s’imposant haut la main. Plus chaud, en revanche, pour les accessits, « Jin Tonic Sequel » sautant « Tchin-Tchin » au terme de cette ultime journée pour s’emparer de la deuxième place. Un podium entièrement composé d’A35.

En IRC 4, le JPK.10.10 « Zulu » s’impose devant « Fioupelan-Faculté des Sciences » et « Nautiplus Geroul » au terme des quatre régates du jour. Chaud dans une série comprenant 32 unités.

Dans le rond des monotypies, la lutte a également été chaude jusqu’au bout. Dans l’intimité des Day-Boat (3 bateaux seulement), « Bliss » a finalement mangé un « Carbonara » déclinant.  En J80, la Marine toulonnaise, présente en nombre (sept bateaux), a joué placé mais pas gagnant avec « Antarès » (2ème) et « Atria » (finalement 3ème). Le local de l’étape, Stéphane Sollari sur « La Nautique s’adjuge la victoire finale. En Grand Surprise, les Bretons de La Trinité-sur-mer sur « Tigresse » ont croqué « Les Fous du Volant » lors de cette dernière journée. Et « Sapajou » a détrôné l’ « AS BPCE » du podium. Enfin, en SB20, le président de la classe et britannique John Pollard a bien mené son affaire, devant les deux bateaux du COYCH, « Euro Voiles » et « Cap 3 ». A l’heure de la remise des prix, certains ont déjà la tête à la prochaine édition. Chez les J80, comme chez les Grand Surprise, l’idée est au retour… en force sur la 49e SNIM !

 

Source : http://www.nautisme-info.com     @Nautisme_Info

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